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Résumé :
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La talentueuse biographe Dominique Bona (Les partisans, Les Notes mars 2023) étant la fille d’Arthur Conte (1920-2013), le titre en laisse attendre la biographie ! Biographie, sans doute, mais si peu ordinaire qu’elle peut déconcerter. Certes Dominique Bona, concédant n’avoir aucun attrait pour la politique, survole la carrière politique de son père (maire de Salses, député des Pyrénées Orientales, fugace ministre et patron de l’ORTF), s’attachant plus à ses convictions, ses amis ou ses adversaires qu’à son action. Certes elle évoque son œuvre littéraire et historique (80 ouvrages), mais confesse que, respectueuse du silence familial dont son père entourait son écriture, elle n’en a finalement lu qu’une infime part ! Elle en trace un portrait psychologique, sauvage et placide, mais admet n’avoir jamais échangé plus de trois minutes avec ce père, tribun et conteur, mais taciturne. En le resituant dans sa Catalogne ancestrale et dans son milieu paysan vigneron, elle dévoile des souvenirs personnels, et la biographie se mue en autobiographie ! C’est surtout un attachant témoignage d’amour pour cette figure tutélaire du commandeur, affectueux, secret, intimidant et tyrannique, qui se perpétue dans ce « bel » héritage du père à sa fille. Dans un style limpide et précis, elle évoque leur foi commune dans le merveilleux, auquel elle consacrera sa thèse de lettres (Fées et sorcières dans la littérature des XIIe et XIIIe siècles), ce qui explique les développements parfois un peu longs qu’elle consacre à la légende arthurienne, dont le père réjouissait leurs veillées d’enfants. (D.M.-D. et A.-M.G.)
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